Blue Star Media · Édition spéciale · Budget 2027 · 13 octobre 2026

La circulaire budgétaire 2027 vise un déficit global, dons compris, de 2,7 % du PIB. Sur la même définition, la trajectoire publiée avec la loi de finances 2026 prévoyait 0,4 % pour cette année-là. L'État ne promet plus de réduire ses dépenses, seulement de les contenir, et place les factures en retard et les chantiers en cours avant tout projet neuf

Le ministère des Finances à Yaoundé, novembre 2014. Photo : Bdx, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (recadrée) (fiche du fichier)

L'État camerounais s'accorde une marge plus large pour 2027 et annonce à quoi elle servira. La circulaire n° 001 signée par Paul Biya le 12 octobre fixe le déficit budgétaire global de 2027, dons compris, à 2,7 % du PIB, avec une croissance de 3,6 % et une inflation de 3,2 % (source 1). En décembre, la trajectoire publiée avec la loi de finances 2026 situait ce même solde, dons compris, à 0,4 % pour 2027 (source 3). Le cadrage à moyen terme du ministère des Finances, présenté au Parlement en juillet, avait déjà abandonné cette trajectoire, avec un déficit 2027 de 1 018 milliards de FCFA. La circulaire officialise la nouvelle cible (source 15).

Ce déficit devra être financé, en bonne partie sur le marché régional. Selon le FMI, les titres publics représentaient 32 % des actifs des banques camerounaises en juin 2025, contre 9,5 % en 2015 (source 12). Cette exposition à l'État fait craindre une éviction du crédit aux entreprises, sans permettre de mesurer les prêts qui leur ont été refusés.

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2,7 % : déficit global, dons compris, visé pour 2027, en % du PIB. La trajectoire de la loi de finances 2026 prévoyait 0,4 % sur la même définition

Les factures d'abord

L'écart s'est creusé au cours de l'année. La loi de finances 2026 tablait sur un déficit de 1,7 % du PIB  (source 3); la nouvelle circulaire estime désormais celui de 2026 à 2,2 % (paragraphe 15) (source 1). Le FMI, qui a achevé le 30 septembre une mission d'évaluation à Yaoundé, juge que la politique budgétaire s'est affaiblie en 2025, avec un déficit passé de 1,5 % du PIB en 2024 à 2,1 % en 2025, et recommande de la resserrer (source 4). La circulaire de l'an dernier promettait de réduire les dépenses primaires ; celle-ci se contente de les contenir (paragraphe 27) (sources 1, 2). Sa rigueur porte sur l'ordre dans lequel l'État dépense.

Les impayés passent en premier. « Dans un souci de réduction des arriérés intérieurs de l'État, les instances des exercices antérieurs devront être budgétisées prioritairement », écrit le président (paragraphe 41). Le paragraphe 59 demande de mobiliser en 2027 les ressources nécessaires et de « mettre définitivement un terme à leur accumulation » (source 1). Aucun montant n'est fixé. La circulaire de l'an dernier donnait la même consigne (paragraphe 38) (source 2).

Le stock a pourtant grossi. Les restes à payer de l'État, des obligations enregistrées mais pas encore réglées, atteignaient 1 026,3 milliards de FCFA à fin mars 2026, un cinquième de plus qu'un an plus tôt, selon la note de conjoncture de la Caisse autonome d'amortissement (CAA) citée par Investir au Cameroun. La CAA précisait que ce chiffre reprenait encore l'estimation de fin 2025. Les fournisseurs de biens et services en portent la plus grosse part, avec 520,2 milliards (source 5). Tout n'est pas échu. Le FMI retient un périmètre plus large pour les arriérés, évalués à au moins 4 % du PIB à fin 2025 (source 12). Les deux chiffres ne s'additionnent pas.

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Les instances des exercices antérieurs devront être budgétisées prioritairement.

Circulaire n° 001 du 12 octobre 2026, paragraphe 41

Le déficit, d'une prévision à l'autre

Solde budgétaire global, déficit en % du PIB

  • 2025, estimation de juillet 2025 : 0,8 %

  • 2025, réalisé selon le FMI : 2,1 %

  • 2026, circulaire de juillet 2025 : 0,2 %

  • 2026, loi de finances : 1,7 %

  • 2026, estimation d'octobre 2026 : 2,2 %

  • 2027, trajectoire de la loi de finances 2026 : 0,4 %

  • 2027, cible de la circulaire : 2,7 %

Sources : circulaires budgétaires du 18 juillet 2025 et du 12 octobre 2026 ; exposé des motifs de la loi de finances 2026, tableau 1 (solde global dons compris, base ordonnancements) ; FMI, communiqué du 1er octobre 2026. Les deux chiffres de 2027 sont des soldes globaux dons compris. Les autres viennent de documents différents et ne forment pas une série homogène. En doré : cible 2027.

La hausse vient surtout de factures récentes. Les restes à payer de moins de trois mois ont plus que doublé en un an, à 308,4 milliards de FCFA (source 5). L'État règle ses vieilles factures pendant qu'il en accumule de nouvelles. Sur les 752,1 milliards de dette flottante de 2000 à 2019 validés par l'audit, 463,3 milliards ont été payés en 2024 et 2025, selon le ministre des Finances (source 6), et le reste doit l'être d'ici 2027 (source 7).

Pour un fournisseur, la circulaire fixe un rang de priorité. Le paiement dépendra des crédits votés. Le paragraphe 37 prévoit une provision pour reports de crédits égale à 2 % des dépenses en capital sur ressources internes ordinaires de 2026, réservée aux dépenses engagées mais non ordonnancées, pour que les projets concernés se poursuivent en 2027. Elle ne sert pas à apurer les impayés (source 1). Les entités publiques débitrices doivent par ailleurs restituer au Trésor leur quote-part de 30 % de la dette commerciale prise en charge par l'État (paragraphe 44, comme l'an dernier) (sources 1, 2).

Ce que coûte la dette

Régler les arriérés coûte cher. En décembre 2025, l'État a contracté un prêt extérieur équivalent à 0,9 % du PIB à un taux effectif de 10,58 %. Début 2026, il a levé un placement privé à 9,45 %, destiné notamment à faire face à la hausse des arriérés de 2025, selon le FMI (source 12). Le taux directeur de la BEAC, auquel les banques se refinancent, est de 4,50 % (source 13). Les taux ne sont pas strictement comparables, l'un rémunérant une dette en devises, l'autre la monnaie de la banque centrale en FCFA, mais l'écart montre ce que les prêteurs exigent désormais du Cameroun. Le conseil du FMI a appelé à privilégier les prêts concessionnels plutôt que l'emprunt commercial coûteux (source 12).

La charge de la dette grimpe. L'exposé des motifs de la loi de finances 2026 prévoit que le service de la dette, principal et intérêts, passe de 7,0 % du PIB en 2025 à 8,8 % en 2026, et reconnaît qu'il va poser « un problème de liquidité » (source 3). Une bonne part de cette hausse tient aux échéances qui arrivent, plus qu'aux taux. Les intérêts seuls atteignent 532,5 milliards de FCFA en 2026, en hausse de 23,5 %, soit environ 9 FCFA sur 100 de recettes propres attendues, selon nos calculs (sources 3, 8).

Le marché régional approche de la saturation. Le FMI estime que le marché des titres publics de la CEMAC est « proche de la saturation » et que les remboursements de l'État dépasseront 6 % du PIB par an de 2027 à 2031, surtout sur le marché intérieur. Il note que le crédit au secteur privé reste court et cher, et que les autorités reconnaissent l'effet d'éviction (source 12).

Les réserves de change sont une autre contrainte. Les réserves de la CEMAC, qui garantissent la parité du FCFA avec l'euro, couvraient 4,07 mois d'importations en 2025 ; la BEAC en attend 4,53 en 2026 (source 13). Le FMI juge qu'il en faudrait cinq. Il note aussi que l'écart de taux exigé du Cameroun sur ses euro-obligations est retombé à 567 points de base en février, contre plus de 800 auparavant (source 12). Un déficit qui dérape peut effacer ce gain.

Le plan compte aussi sur le FMI. Le cadrage 2027-2029 du ministère des Finances inscrit 300 milliards de FCFA d'appuis budgétaires liés à un nouveau programme avec le FMI, qui n'est pas encore conclu. Sans accord, l'écart devra être comblé par plus d'emprunt, plus de recettes ou moins de dépenses (source 15).

Les chiffres expliqués

Cinq notions pour lire la circulaire et les rapports du FMI.

Déficit en % du PIB. L'écart, sur un an, entre ce que l'État dépense et ce qu'il encaisse, rapporté à tout ce que produit le pays plutôt qu'aux recettes de l'État. Il se finance par l'emprunt ou en puisant dans la trésorerie.
Pour comparer : Un ménage qui gagne 100 000 FCFA et en dépense 102 700 a un déficit de 2,7 % de ses revenus. Les 2,7 % de l'État se mesurent sur toute l'économie ; rapportés à ce que l'État encaisse, environ 16 % du PIB, ils en représentent près d'un sixième.[3]

Restes à payer et arriérés. Les restes à payer sont des obligations de paiement enregistrées mais pas encore réglées. Tous ne sont pas échus. Ils deviennent des arriérés lorsqu'ils restent impayés au-delà de l'échéance applicable.
Pour comparer : Une boutique a reçu et accepté une livraison, sans l'avoir encore payée. Avant l'échéance, la facture est simplement à régler. Après, le grossiste finance la boutique malgré lui.

Solde primaire. Le solde budgétaire hors intérêts de la dette. Il dit si l'État couvre son activité courante avant de payer le coût de ses emprunts passés.
Pour comparer : Une entreprise compare ses recettes à ses charges d'exploitation, avant les intérêts. Elle voit si son activité se finance elle-même, hors coût de ses crédits.

Risque de surendettement élevé. Classement du FMI et de la Banque mondiale sur la capacité à honorer les échéances (dette du Cameroun : 43,4 % du PIB fin 2024). Les remboursements extérieurs dépassent les seuils rapportés aux recettes et aux exportations. Le FMI juge néanmoins la dette soutenable dans son scénario central : risque élevé ne veut pas dire défaut (source 12).
Pour comparer : Une entreprise dont les actifs dépassent les dettes peut peiner à honorer ses échéances. Son prêteur examine sa trésorerie future, pas seulement son patrimoine.

Plancher d'investissement. La part minimale du budget réservée aux dépenses qui créent un actif durable : routes, barrages, bâtiments. La circulaire la fixe à 30 % du budget général (source 1).
Pour comparer : Une entreprise réserve une part minimale de son budget aux équipements et aux bâtiments. Cela ne garantit pas que tous les projets prévus seront réalisés ou payés dans l'année.

Le Cameroun face à ses pairs

La Côte d'Ivoire est le bon point de comparaison. Elle partage la parité du franc CFA avec l'euro, et les critères de convergence de l'UEMOA fixent un plafond de déficit de 3 % du PIB. Son déficit atteignait 3,0 % du PIB en 2025, plus que les 2,1 % du Cameroun, et sa dette était plus lourde, 59,5 % du PIB fin 2024 contre 43,4 % (sources 16, 12). Pourtant, le FMI l'a classée en juin à risque de surendettement faible, quand le Cameroun reste à risque élevé (sources 16, 4). En février, Abidjan a levé 1,3 milliard de dollars sur 15 ans : coupon de 6,75 %, rendement de 7,125 % en dollars, et coût effectif de 5,39 % une fois converti en euros (source 18). Le prêt camerounais de décembre 2025 coûtait 10,58 % en taux effectif (source 12). Les deux opérations diffèrent, mais l'écart saute aux yeux.

La taille du déficit explique peu cet écart. La Côte d'Ivoire a crû de 6,5 % en 2025, contre 3,5 % pour le Cameroun, porté ses recettes à 16,8 % du PIB et tenu tous les objectifs de son programme avec le FMI (sources 16, 4). Les prêteurs regardent les remboursements rapportés aux recettes, et la régularité des paiements de l'État. Le Sénégal montre l'inverse : son projet de loi de finances rectificative de septembre porte le déficit 2026 de 5,4 % à 7,6 % du PIB (source 22), et après la découverte de dettes non déclarées, le FMI a évalué sa dette publique à 132 % du PIB fin 2024, et Dakar prévoit un traitement de sa dette (sources 17, 20, 21). Le Ghana, après la restructuration de sa dette, est revenu à un risque modéré (source 19). Pour le Cameroun, la leçon reste mesurée. Payer ses factures à l'heure et tenir une trajectoire publiée pourrait réduire son coût d'emprunt davantage qu'une cible de déficit plus basse.

Quatre économies côte à côte

Cameroun

Côte d'Ivoire

Sénégal

Ghana

Déficit global 2025, % du PIB

2,1

3,0

6,4

1,3

Déficit 2026, % du PIB

2,2 (estimation)

3,8 (cible révisée)

7,6 (projet de LFR, sept. ; loi initiale 5,4)

2,0 (projection FMI)

Déficit 2027, % du PIB

2,7 (cible)

3,5 (projection FMI)

n.d.

n.d.

Dette publique fin 2024, % du PIB

43,4

59,5

132

70,1

Risque de surendettement (FMI)

Élevé

Faible

n.d. (traitement de la dette prévu)

Modéré

Croissance réelle 2025

3,5 %

6,5 %

6,7 %

6,0 %

Emprunt extérieur récent

Prêt à 10,58 % effectif, déc. 2025

Euro-obligation, févr. 2026 : coupon 6,75 %, rendement 7,125 % en dollars, 5,39 % effectif en euros après couverture

n.d.

n.d.

Sources : communiqués et rapports des services du FMI pour chaque pays, 2025 et 2026 ; circulaire budgétaire du Cameroun ; ministère ivoirien des Finances ; projet de LFR 2026 du Sénégal (sources 4, 12, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22). Déficits : soldes globaux, en valeurs positives, en % du PIB. Les chiffres mêlent réalisations, objectifs officiels et projections du FMI, selon les indications, et les bases comptables diffèrent (celle du Ghana est en engagements) : la comparaison est indicative, non une série harmonisée. Le chiffre 2025 du Cameroun reprend l'évaluation du FMI du 1er octobre 2026. Dette du Sénégal : périmètre large du FMI, arriérés compris. Les parts d'investissement ne figurent pas, les définitions nationales différant. La Côte d'Ivoire et le Sénégal sont soumis au plafond de déficit de 3 % de l'UEMOA, mais tous deux le dépassent en 2026.

Les chantiers en cours ensuite

La part de l'investissement dans le budget général sera « fixée minimalement à 30 % », uniquement pour la formation brute de capital fixe (paragraphe 28), un plancher absent de la circulaire de l'an dernier (sources 1, 2). La circulaire ne dit pas si le remboursement de la dette entre dans l'assiette. Le budget d'investissement public de 2026, 2 031,15 milliards de FCFA, représente 23 % du budget général de 8 683,9 milliards, mais environ 33 % des dépenses hors remboursement du principal, selon nos calculs à partir des chiffres de la Direction générale du budget (source 8). Si le remboursement de la dette entre dans l'assiette, 30 % imposent environ 575 milliards de FCFA d'investissement de plus qu'en 2026. Sinon, le plancher est déjà atteint.

Le paragraphe 62 place les chantiers en cours et les instances de paiement avant tout projet neuf, qui ne dispose que de l'espace restant. La règle figurait déjà l'an dernier (sources 1, 2). La nouveauté est le paragraphe 66. « Au regard du volume d'engagement déjà ouvert dans certaines administrations », il consacre leurs enveloppes « essentiellement » aux projets en cours et proscrit, selon le cas, le démarrage de projets nouveaux. Les administrations visées ne sont pas nommées, et des projets neufs restent possibles ailleurs. Ils devront avoir un visa de maturité, et un ministère n'ouvrira d'autorisation d'engagement qu'après avoir prouvé qu'il a budgété les charges récurrentes de ses infrastructures (paragraphes 34 et 40) (source 1).

Reste l'exécution. Selon la revue de la Direction générale du budget pour le premier semestre 2025, citée par Investir au Cameroun, seuls 26,2 % des crédits d'investissement avaient été ordonnancés à fin juin (source 9). Le texte prévoit notamment d'achever les lignes de transport d'électricité du barrage de Nachtigal, d'accélérer la deuxième phase de l'autoroute Yaoundé-Douala et la réhabilitation de la SONARA, et de finaliser la maturation du barrage de Kikot (source 1).

Ce que la circulaire demande

Investissement. Au moins 30 % du budget général, exclusivement pour la formation brute de capital fixe (paragraphe 28). Projets neufs interdits, selon le cas, dans les administrations très engagées (paragraphe 66).

Tout emprunt passe toujours par le CNDP. Emprunts, titres publics, obligations vertes, sukuk ou reprises de dettes : tout projet requiert l'avis préalable du Comité national de la dette publique (paragraphe 54). Priorité aux prêts concessionnels (paragraphe 36).

Mines d'or et TVA. Fiscalité renforcée sur l'extraction, notamment aurifère ; transposition de la directive TVA de la CEMAC du 10 novembre 2022 ; fiscalité environnementale renforcée (paragraphe 24).

Téléphones et carburants. Consolidation du mécanisme de collecte sur les téléphones, tablettes et terminaux importés ; collecte sur les carburants importés, en lien avec les cours internationaux (paragraphe 25).

Assainir le fichier solde. Sortie des agents absents (COPPE 2018), biométrie dans AIGLES, audit des allocations familiales et réduction « significative » de la dette salariale (paragraphe 46).

Énergie et achats locaux. Énergie, transport, import-substitution agricole (PIISAH 2027-2029), usine d'engrais. Commande publique orientée « prioritairement » vers l'offre locale (paragraphes 4 et 17).

Grumes : l'échéance de 2028. Préparer l'interdiction d'exporter le bois en grumes dans la CEMAC en 2028, en allongeant dès maintenant la liste des essences interdites (paragraphe 17).

Un cadre pour les cryptomonnaies. Élaborer un cadre réglementaire pour les actifs numériques et la prévention des risques associés (paragraphe 17).

Ce que cela change pour votre entreprise

Les fournisseurs de l'État se voient de nouveau promettre la première place dans la file, de nouveau sans montant ni calendrier. C'est un signal politique. Les crédits votés et les décaissements du Trésor décideront de ce qui arrive aux entreprises (source 1). Le FMI recommande un échéancier réaliste d'apurement des arriérés pour rendre de la trésorerie au secteur privé (source 14). Ses projections de dette supposent un apurement sur six ans, une hypothèse de calcul sans calendrier de paiement (source 12).

Pour les entreprises de travaux publics, 2027 devrait offrir moins d'appels d'offres neufs dans les ministères les plus engagés, et davantage de travaux d'achèvement et d'entretien. Les dossiers de projets neufs sans visa de maturité risquent de rester dans les tiroirs (paragraphe 34) (source 1). Les 26,2 % d'exécution du premier semestre 2025 invitent aussi à prévoir des délais de paiement longs (source 9).

Les banques liront le paragraphe 58 : l'État privilégiera les obligations pour financer le budget et réduira l'encours de ses BTA lorsqu'ils présentent un risque élevé de refinancement. Comme auparavant, tout nouvel emprunt requiert l'avis préalable du Comité national de la dette publique (paragraphe 54) (source 1). Des titres plus longs allègent le risque de refinancement de l'État ; ils immobilisent aussi plus longtemps l'épargne des banques. Le FMI relève qu'en 2024, les émissions de BTA camerounais n'ont été souscrites qu'à 80 %, et celles d'OTA à environ 67 % (source 12).

Côté recettes, la circulaire ne chiffre aucun taux, même si elle annonce la « rationalisation » de ceux qui frappent les revenus du travail et du capital, et promet un remboursement « effectif et dans les meilleurs délais » des crédits de TVA (paragraphe 18). La facturation électronique, la taxation en temps réel et la limitation des paiements en espèces avancent (paragraphe 24). Les importateurs devront surveiller des « prélèvements ciblés et marginaux » pour financer l'import-substitution, sans taux ni produits pour l'instant (paragraphe 25) (source 1).

Le pétrole joue dans les deux sens. La circulaire anticipe un brut mondial à 95 dollars en moyenne en 2026 ; la loi de finances reposait sur 65,88 dollars. La hausse des cours gonfle les recettes pétrolières malgré une production en recul de 15,4 % (paragraphes 12 et 13) (sources 1, 3), mais le FMI s'attend à des subventions aux carburants importantes (source 4). Elles étaient tombées d'environ 4 % du PIB en 2022 à moins de 1 % en 2024 (source 12). Si les cours restent hauts et les prix à la pompe administrés, elles pourraient de nouveau peser sur le budget.

L'an dernier, le projet de loi de finances avait été déposé le 26 novembre et la loi promulguée le 17 décembre (sources 10, 11). Le conseil d'administration du FMI devrait examiner le dossier du Cameroun en décembre (source 4).

À surveiller

  • Novembre 2026 : Dépôt du projet de loi de finances 2027 à l'Assemblée nationale, avec le montant réservé aux impayés (le projet 2026 avait été déposé le 26 novembre 2025)

  • Décembre 2026 : Examen attendu de l'évaluation post-financement du Cameroun par le conseil d'administration du FMI

  • Mi-décembre 2026 : Promulgation attendue de la loi de finances 2027 (la loi 2026 l'avait été le 17 décembre 2025)

  • 2027 : Échéance annoncée pour l'apurement de la dette flottante auditée de 2000 à 2019

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Sources

  1. Présidence de la République, circulaire n° 001 du 18 juil. 2025 (budget 2026) https://www.prc.cm/files/d3/e5/25/de4dc2e8b947a61025db2ec316d92e82.pdf

  2. Direction générale du budget, exposé des motifs de la loi de finances 2026, déc. 2025 https://www.dgb.cm/wp-content/uploads/2025/12/Expose-des-Motifs_LF-2026_fr.pdf

  3. FMI, fin de la mission d'évaluation post-financement au Cameroun, 1er oct. 2026 https://www.imf.org/en/news/articles/2026/10/01/pr26314-imf-staff-concludes-assesment-cameroon

  4. Invest-Time, apurement de la dette flottante, 4 juin 2026 https://invest-time.com/2026/06/04/apurement-dette-flottante-cameroun/

  5. Direction générale du budget, chiffres clés du budget 2026, 21 janv. 2026 https://www.dgb.cm/budget-2026-de-letat-du-cameroun-les-chiffres-cles-a-retenir/

  6. FMI, rapport des services sur les consultations de 2026 au titre de l'article IV, rapport pays n° 26/81, 2026 https://www.imf.org/-/media/files/publications/cr/2026/english/1cmrea2026001-source-pdf.pdf

  7. Ministère des Finances, Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme (DPEB) 2027-2029, juin 2026 https://www.dgb.cm/wp-content/uploads/2026/07/DPEB-2027_2029_24-06-2026-13h50_Fr.pdf

  8. FMI, le conseil d'administration achève les sixièmes revues pour la Côte d'Ivoire, 24 juin 2026 https://www.imf.org/en/news/articles/2026/06/24/pr26222-cote-divoire-imf-exec-board-completes-sixth-rev-eff-ecf-arr-5th-rev-rsf-arr

  9. FMI, les services concluent leur visite au Sénégal, 22 juin 2026 https://www.imf.org/en/news/articles/2026/06/22/pr26216-senegal-imf-staff-concludes-visit

  10. Ministère ivoirien des Finances, euro-obligation 2041, cité par Reuters, 19 févr. 2026 https://www.cnbcafrica.com/2026/ivory-coast-raises-1-3-billion-via-international-bond-issue

  11. FMI, les services concluent leur visite au Sénégal, 6 nov. 2025 https://www.imf.org/en/news/articles/2025/11/06/pr-25360-senegal-imf-concludes-visit

  12. Ministère sénégalais des Finances, projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026, déposé le 18 sept. 2026 https://www.vie-publique.sn/documents/14075/projet-loi-finances-rectificative-plfr-2026-senegal

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