Blue Star Media · Brief Quotidien · 17 septembre 2026
Ce que dit la source primaire
Le 14 septembre 2026, à Addis-Abeba, la Commission économique pour l'Afrique des Nations unies et DHL Express Afrique subsaharienne ont signé un mémorandum d'entente destiné à faciliter l'accès des PME aux marchés intra-africains. Selon le communiqué de la CEA, repris le 16 septembre, le texte vise trois segments nommés : le commerce électronique, l'exportation de produits transformés à valeur ajoutée et la construction de chaînes de valeur régionales, en s'appuyant sur les communautés économiques régionales existantes.
La ZLECAf elle-même est entrée en vigueur en janvier 2021 pour les premiers pays signataires et réunit aujourd'hui 54 États membres de l'Union africaine, sur la base de protocoles couvrant le commerce des marchandises, les services, les investissements et les règles d'origine. Le cadre juridique est donc en place depuis cinq ans lorsque ce mémorandum est signé.
Un choix de partenaire qui vaut diagnostic
Le choix du partenaire est en lui-même une information. Une institution onusienne qui accompagne un accord commercial contracte avec un opérateur de transport, et non avec une union douanière ou une chambre de commerce. La lecture la plus directe : le facteur rare pour une PME africaine n'est plus la préférence tarifaire, mais la capacité à l'utiliser.
Les obstacles que la CEA énumère elle-même confirment cette lecture, et aucun ne relève du droit de douane : exigences sanitaires et phytosanitaires variables d'un pays à l'autre, procédures de certification différentes selon les communautés régionales, délais de dédouanement imprévisibles, et coûts de transport souvent disproportionnés par rapport à la valeur des marchandises. À cela s'ajoute un second frein, informationnel : savoir quels produits sont demandés chez un voisin, à quel prix, selon quels standards et quelles procédures d'importation, suppose un investissement que peu de petites structures peuvent financer. Les grandes entreprises disposent de services dédiés ; les PME apprennent au fil des opérations.
L'écart de 42 points, et ses limites
Deux mesures distinctes circulent sur l'intégration commerciale africaine, et elles ne disent pas la même chose. La part du commerce interne africain dans les échanges totaux du continent est estimée entre 15 et 18 % par la CEA et la Banque africaine de développement, contre plus de 60 % au sein de l'Union européenne. La progression, elle, est d'environ +7 % depuis 2021 selon The Africa Report. Une part et une croissance ne se comparent pas.
L'écart de part atteint 42 à 45 points selon la borne retenue une soustraction Blue Star Media entre deux estimations qui ne proviennent ni de la même source, ni du même millésime, ni du même périmètre statistique. Ce n'est pas une donnée douanière consolidée, et seul l'ordre de grandeur doit en être retenu.
La comparaison avec l'Union européenne a par ailleurs ses limites : elle rapproche un marché unique doté d'une union douanière ancienne et d'infrastructures denses, d'un continent dont les économies ont longtemps été conçues pour exporter des matières brutes hors de leurs frontières. L'écart mesure autant un héritage qu'une performance.
Ce qui existe déjà, et ce qui reste à publier
Pour un opérateur camerounais, l'élément opérationnel se situe ailleurs que dans le diagnostic global. Les chaînes régionales que la CEA décrit comme manquantes existent déjà en partie sur la façade atlantique : MSC relie Kribi à Yaoundé, Moundou, N'Djamena et Bangui par un réseau intermodal, avec jusqu'à quatre escales hebdomadaires. Le coût du fret longue distance, lui, reste orienté par les marchés extérieurs : le World Container Index de Drewry s'établissait à 4 476 dollars par conteneur de 40 pieds au 10 septembre 2026, stable pour la deuxième semaine consécutive un indice qui ne couvre aucune liaison d'Afrique centrale et sert de repère de marché, non de prix applicable.
Reste la question du périmètre. Le mémorandum s'appuie sur les communautés économiques régionales, dont les niveaux d'avancement diffèrent sensiblement, et tant que les règles d'origine, les procédures de transit et les exigences de certification ne sont pas alignées, un gain logistique peut être absorbé par des frictions administratives. Le communiqué ne précise pas si la CEMAC figure parmi les zones ciblées. D'autres éléments manquent encore à l'appel : les outils concrets du mémorandum et leur calendrier, les critères d'éligibilité des PME, et une série statistique datée du commerce intra-africain permettant de suivre l'évolution réelle plutôt qu'une estimation ponctuelle.
Ce qu'il faut retenir
La CEA et DHL Express ont signé le 14 septembre un mémorandum ciblant l'accès des PME aux services logistiques et à l'information de marché, cinq ans après l'entrée en vigueur de la ZLECAf (janvier 2021, 54 États membres).
Les freins nommés par la CEA normes sanitaires, certifications, délais de dédouanement, coûts de transport sont tous non tarifaires.
L'écart de 42 à 45 points entre la part du commerce interne africain (15-18 %) et européen (>60 %) est un calcul Blue Star Media rapprochant deux estimations distinctes, pas une statistique consolidée.
Des chaînes logistiques régionales existent déjà, comme le réseau intermodal de MSC entre Kribi et l'hinterland (Yaoundé, Moundou, N'Djamena, Bangui).
Restent à publier : les outils opérationnels du mémorandum, la place de la CEMAC dans son périmètre, et les critères d'éligibilité des PME.
Sources
Primaires. Commission économique pour l'Afrique (CEA), communiqué relatif au mémorandum du 14 septembre 2026 ; Drewry, World Container Index du 10 septembre 2026 ; MSC, communication réseau Kribi, mai 2026 ; Alphaliner Top 100 du 21 août 2026 ; Office national du cacao et du café (ONCC).
Secondaires. Economie Afrique, 16 septembre 2026 (signature du mémorandum) et 11 septembre 2026 (atelier ZLECAf de Libreville, Gabon) ; Financial Afrik, étude du 10 septembre 2026 ; The Africa Report (progression du commerce intra-africain) ; estimations CEA et Banque africaine de développement (part du commerce interne africain) ; Investir au Cameroun (prix du cacao, via ONCC).
Limite déclarée. L'écart de 42 à 45 points est une soustraction Blue Star Media entre deux estimations de sources, millésimes et périmètres distincts un ordre de grandeur, non une donnée douanière consolidée.
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